jeudi 1 février 2018

Top 2017



Notre blog est un des plus actifs de France, ça frôle l’hyperactivité. Mais on est comme ça nous, on donne, on donne et on ne compte pas. Cette année nous avons fait 1 post.
Mais c’était sans compter notre traditionnel bilan annuel, qui arrive comme toujours juste après… le mois de janvier.

Voici ce qu’il ne fallait pas rater en 2017 et qu’il vous faudra récupérer en 2018 :

NDLR : j’ai volontairement choisi que des saisons 1 et pas des suites. Pas que je n’en ai pas aimés (Peaky Blinders, Halt Catch & Fire, Narcos, Curb your enthusiasm, Bureau des légendes), mais j’ai décidé de célébrer la jeunesse, la fraîcheur, la primeur.

Selon Sol :

   
  1)   The Handmaid’s tale

Alors oui, on ne fait pas dans l’originalité, car cette série est 1ère dans beaucoup de classement de sériephiles.
« Ok Google, ça se dit sériephile ? 
 - Oui Sol, bien sûr, et cela fait même sensation dans un dîner entre amis ».

Et pour cause, c’est ce que j’ai regardé de mieux, et de plus dur cette année. Je vais laisser Tartine en rajouter une couche (« magique celle-là, Sol  - Merci Google »), car elle est une fille.
« Attention Sol, le hashtag n’est pas loin… 
- Euh, merci Google ».

Cette série arrive en + au moment idéal, puisqu’elle parle de femmes qui vivent esclaves du régime, des hommes et que l’affaire Weins… Wine..Vein, l’affaire « Me too » a pris une ampleur assez incroyable.

« Attention Sol, tu … 
- Bon c’est bon Google tu me lâches un peu , on peut plus rien dire sans être …
- Attention Sol, tu frôles le complotisme 
- Bon, passons à autre chose »


    
    2) The Night Of

J’ai déjà tout dit ici et ici.

« Fais pas la tête, Sol »



     3)  Mindhunter

J’ai passé un très bon moment devant les épisodes de cette série qui décrit le quotidien de deux agents du FBI qui vont interroger des tueurs en série emprisonnés pour tenter de comprendre leurs motivations.

« Tu as passé un bon moment Sol ? Devant des tueurs en série qui se vantent de leurs crimes ?

- Non, mais c’est plus compliqué que ça ?

- Ah bon ? »

Oui, en fait le plus intéressant reste peut-être la contribution des 2 femmes de  la série : l’une, la copine du personnage principal, est étudiante, et l’autre est professeur, et aide les 2 compères dans leur exploration du mal.

« Tu as quel âge Sol pour dire « compères » ?

- Oh, mais ça va pas ! Faut que je te débranche ou quoi ?

- Tu emploies la menace ? Est-ce dû à ce que tu regardes ?

- … tu me fatigues »

La série se déroule au début des années 1970 et l’image est particulièrement léchée. Les héros sont originaux et assez imprévisibles, ce qui est une prouesse avec un scénario de départ aussi commun. La violence est psychologique, et l’on voit comment le profilage du criminel se met en place tout doucement, avec l’aide de concepts issus de la psychologie et de la sociologie. Tout est très travaillé, de l’image aux dialogues.

Ah, j’oubliais, c’est David Fincher à la réal’.



      4) The Deuce

Lorsque le showrunner de la + grande série de tous les temps (The Wire) s’attaque aux débuts de l’industrie porno dans les quartiers New-yorkais des années 1970 on s’attend à … on ne sait pas trop en fait.

Comme à chaque fois avec les séries de David Simon (aidé par Georges Pelecanos et d’autres), il faut un temps d’adaptation pour comprendre tous les enjeux de la série. Il y a une multitude de personnages et de lieux. Plus que l’industrie pornographique, c’est surtout le milieu de la prostitution que l’on y voit dans cette 1ère saison.

Même si j’ai été moins emballé qu’avec The Wire ou Treme, j’attends beaucoup de cette série. D’une part grâce à sa formidable actrice, Maggie Gyllenhaal, d’autre part car c’est une peinture fine d’une microsociété des années 1970 très dense, qui nous parle beaucoup d’aujourd’hui.

« Donc après les tueurs en série, la pornographie, Sol ? 
- Ecoute Google, si tu me trouves une série intéressante qui parle de l’avènement des Télétubbies, tu me contactes, d’accord ? Allez bye »

 
5) Legion

OVNI. Avec le recul, je ne sais plus si j’ai aimé autant que ça. Mais je me souviens simplement avoir pris une méga baffe visuelle dans la face. Et rien que pour la forme, je vous la recommande. On y parle d’un super héros, mais genre super fragile et super fort à la fois, plutôt dérangé, pas très stable. Vous voyez ce que je veux dire ? En gros, on nous amène dans un gigantesque trip dans la tête du personnage principal et il faut accepter d’emblée qu’on ne va pas tout comprendre et se laisser porter, même si on croit y déceler des incohérences. Rassurez-vous, c’est normal. Voilà, voilou, c’est fini pour moi.


Et maintenant, le top 2017 selon Tartine :


1) Vikings, saison 5 - 1ère partie

La saison 5 de Vikings s’est ouverte cette année avec une grande nouveauté : l’absence de deux personnages charismatiques (enfin surtout un !). Et si l’on pouvait craindre un grand vide, ce n’est finalement pas cas : les « fantômes » des personnages en question sont toujours là, hantant ceux qui restent…

La moitié de la saison a été diffusée (il faudra attendre au mieux août ou septembre pour découvrir la suite) et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle tient ses promesses. La guerre civile sanglante entre Ivar et Lagertha a bien eu lieu, notamment dans ce 10e épisode impressionnant et son montage non linéaire, décomposé en fragments de vie, mêlant batailles et flashbacks, violence et émotion. 

Ce final laisse nos personnages aux prises avec leurs démons, pansant leurs plaies et pleurant leurs morts. Beaucoup de mélancolie encore dans cette saison…


2) Big little lies, mini-série

La série qui m’a le plus emballée cette année. 7 épisodes ultra addictifs, avec des actrices au diapason (Reese Whiterspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley, Laura Dern…).
La série, produite en 2016, fait grandement écho au contexte actuel (l’affaire Weinstein et ses suites…). 

Petits mensonges, apparences trompeuses, couple, tragédie, intimité, parentalité, féminisme, prédation : autant de thèmes abordés par Big Little Lies et qui, grâce à un montage très efficace et à un dosage parfait du suspense, happent le spectateur et le plongent dans les tourments de ces nouvelles desperate housewives

Les héroïnes sont magnifiques, mystérieuses, hystériques, fragiles, cachant sous de faux semblants des blessures parfois très profondes. Vraiment mon coup de cœur de l’année.



3) Twin Peaks, saison 3

Très difficile de parler de cette saison 3, qu’on n’attendait plus. Le bonheur de revoir les personnages emblématiques de David Lynch se mêle à l’appréhension à l’idée de ce qui peut les attendre encore.

C’est une saison déroutante, mélancolique, aux épisodes lents et surprenants, assez expérimentale (l’épisode 8 !!), burlesque, très différente des précédentes. Kyle MacLachlan (Cooper), portant la série sur ses épaules, est fascinant dans un rôle double (même triple !). 

Et on sent vraiment tout l’amour de David Lynch pour ce personnage, pour cet univers, et pour Laura (Sheryl Lee), celle par qui tout est arrivé, celle par qui tout pourrait ne jamais avoir eu lieu…

Surtout ne pas s’attendre obtenir des réponses, David Lynch ne faisant que creuser davantage les sillons amorcés en saisons 1 et 2, épaississants les mystères, et en créant de nouveaux…


4) The Handmaid's tale, saison 1

Je connaissais déjà l’histoire, ayant vu il y a des années la première adaptation du roman de Margaret Atwood, par Volker Schlöndorff. Le film a vieilli. La série éblouit et horrifie. Le spectateur est plongé dès l’ouverture dans un climat de malaise et de barbarie. C’est très difficile de ne pas faire de pause pendant le visionnage de la série d’ailleurs.

Alors cette dernière prend aussi le temps de développer ses personnages (aussi bien les victimes que les bourreaux) dans de longs flashbacks (ce que le film ne pouvait pas faire en 2h de temps). Ces moments -à l’éclairage souvent lumineux- sont d’ailleurs salutaires dans 10 épisodes oppressants.

Le sentiment qui se dégage pour moi, en comparant mes deux visionnages (du film vu au début des 90’s et de la série vue en 2017), c’est que cette société dégénérée me semble plus proche aujourd’hui qu’elle ne me le semblait à l’époque du film… Et c’est ça le plus terrifiant.


 5) Dark, saison 1

Quelques mots sur cette série allemande fantastico-policière. J’aurais pu parler de Stranger things, saison 2 ou de Westworld, mais tout le monde les a vues.

Dark met en scène la disparition de plusieurs enfants et adolescents dans une ville en bordure de forêt, dotée d’une centrale nucléaire. Nous sommes en 2019. Le père de l’un des enfants est l’un des policiers chargés de l’enquête. Il est aussi le frère d’un autre adolescent disparu 33 ans plus tôt dans des circonstances similaires…

La série est à la fois une enquête policière, un conte fantastique, une série de SF, mais aussi un récit de vie à la Broadchurch avec ses dizaines de personnages (d’ailleurs Dark n’évite pas une certaine confusion entre qui est qui au cours des nombreux flashbacks entre passé, présent et encore passé !).

Dans l’ombre de la catastrophe de Tchernobyl (la seconde temporalité se déroule en 1986, l’année de la catastrophe), dix épisodes sombres et désenchantés.




lundi 20 mars 2017

The Night Of





The Night of, c’est une série noir américaine, classique, qui débute par un meurtre, qui passe par la case prison, et finit par un procès. La photographie, soignée, est tout à fait classique, raccord avec le scénario qui nous plonge dans une énième virée nocturne New-Yorkaise, avec une image qui joue des nuances de noir et de gris.

Les personnages, tous très bien joués et incarnés, sont tout ce qu’il y a de plus classique : le suspect que tout accâble, l’inspecteur en fin de carrière intelligent et taciturne, et l’avocat bavard, qui ne paie pas de mine – l’excellent John Turturro - . Alors voilà, une série américaine très bien faite, un polar noir classique comme on en a vu des milliers. Sauf que…


Sauf que classique ne veut pas dire académique. Et que la force d’un bon polar, c’est de ne pas être qu’un polar. En 8 épisodes seulement, l’Amérique contemporaine est ici disséquée, nous laissant voir les maux qui rongent chaque strate de la société : le racisme ordinaire, le milieu carcéral impitoyable, les rouages ténébreux de la machine policière, judiciaire, mais également le déterminisme implacable qui peut conduire n’importe quel citoyen américain d’origine étrangère à devenir quelqu’un qu’il ne souhaitait pas être.



Depuis The Wire, on savait les américains capables de cette autocritique là. Au-delà de l’image soignée de TNO, c’est la même acuité avec laquelle les situations quotidiennes sont dépeintes qui est tout à fait remarquable. L’autre parallèle avec The Wire, c’est le côté pessimiste de l’affaire. Je ne dévoilerai évidemment pas l’épilogue, mais plus que l’attrait classique d’une intrigue – qui est le meurtrier ? – c’est tout le reste qui garde l’intelligence du spectateur en alerte.


On savait les showrunners américains doués pour se plonger dans le passé proche de leur pays et de l’analyser en profondeur (Mad Men, The Americans), mais c’est la capacité à explorer leur présente sans aucune concession qui est tout à fait bluffante dans TNO. On pense bien sûr à American Crime, au docu-fiction Making a murderer ou encore à The People vs OJ Simpson : American crime story, et cette fiction s’inscrit naturellement dans cette veine là.


Récemment, j’ai vu « Le Bureau des légendes », série Canal+, qui m’a convaincu que les français pouvaient jouer sur ce tableau : à savoir décrire une situation contemporaine complexe tout en, et c’est là la qualité principale de la série à mon avis, gardant une spécificité française dans le traitement des enjeux et surtout de la psychologie des personnages. C’est sur ce point – et je ne vais pas me faire que des ami(e)s en disant cela – que la série surclasse à mon humble avis une série américaine qui traite également de géopolitique : Homeland (je précise ici que je me suis arrêté à la saison 3).

Espérons donc que la saison 3 du Bureau des Légendes saura poursuivre sur sa lancée, exigeante, sans chercher à ressembler à ses homologues américaines. Car c’est la condition même pour espérer les égaler, voire les dépasser, comme les séries britanniques savent parfois si bien le faire.

Sol


mercredi 25 janvier 2017

Top 2016 (bonus)


Huit individus éparpillés sont connectés par une soudaine et violente vision. Désormais liés, ils se retrouvent capables du jour au lendemain de se voir, de se sentir, de s'entendre et de se parler comme s'ils étaient au même endroit, et ainsi accéder aux plus sombres secrets des uns et des autres.

Les huit doivent dès lors s'adapter à ce nouveau don, mais aussi comprendre le pourquoi du comment. Fuyant une organisation qui veut les capturer, les tuer ou faire d'eux des cobayes, ils cherchent quelles conséquences ce bouleversement pourrait avoir sur l'humanité. Une série des ex-frères Wachowski.

 
Cette série était mon coup de coeur absolu alors je triche sur la date parce qu'elle est parue en 2015 mais une suite est en suspens (on ne sait pas pour quand ni qui la fera). 

L'idée est extrêmement originale même pour de la SF, combinant l'idée d'évolution de la race humaine aux interrogations intimes sur la personnalité, le lien entre les humains, l'idée bouddhiste que le Moi est une illusion, etc. 

En outre une action palpitante sans forcer le rythme ni la vraisemblance ponctuée par des moments d'émotion intense. Génial et hors format. 

Aglaé

Ndlr : un épisode de Noël est sorti fin 2016


lundi 9 janvier 2017

Top 2016


Sol : Bien que le top soit un exercice récurrent sur le web, en particulier pour les séries, bien que ce ne soit pas forcément représentatif de la production d'une année, qu'un top reste toujours subjectif, qu'on en oublie, qu'on a pas eu le temps de tout regarder, eh bien on l'a fait quand même.

Oncle Ernest : C'est débile.




The Knick, saison 2 *****

Je triche un peu car la diffusion de la 2ème saison a débuté en octobre 2015… Quoiqu’il en soit, ne passez pas à côté de cette série.

On y voit les débuts de la chirurgie moderne dans un hôpital new-yorkais, hanté par un docteur génial (Clive Owen), qui croit en la science et en un monde nouveau. Soderbergh filme à la perfection cet ancien monde basculant dans la modernité et son lot de nouvelles technologies, dont les usages vont révolutionner la médecine, mais pas seulement. Les acteurs sont excellents et la reconstitution de l’époque – décors, costumes – est magnifique. A ranger aux côtés de Mad Men et des Sopranos. Un chef d’œuvre.



Vikings, saison 4 *****

Tartine : Série télévisée canado-irlandaise créée par Michael Hirst. Nous sommes en Scandinavie, à la fin du VIIIème siècle et suivons la vie et les exploits d'un groupe de Vikings.
Cette saison se divise en 2 parties : après une pause de 6 mois et 10 épisodes, la seconde moitié de la saison a repris il y a quelques semaines. A l’heure où j’écris ces mots, l’épisode 16 a dû être diffusé hier aux Etats-Unis.

Voilà une série qui a pris le temps de mûrir, de grandir et de se complexifier. Tout en évoquant de manière très authentique le Haut Moyen Age, la série a su prendre, au fil des épisodes, une tonalité plus universelle, dépassant l’évocation de la vie viking et plus généralement celle du IXe siècle en Europe. Et son personnage principal, le visionnaire Ragnar Lothbrok -roi semi légendaire de la Suède et du Danemark- est apparu petit à petit comme un personnage intemporel, orfèvre de la stratégie militaire et politique, fascinant et rusé, presque diabolique.

Cette saison 4 nous offre les plus belles scènes de la série : le « rêve » de Ragnar, sa reconquête des siens (épouses, amis, fils) et cette série de scènes intimes qui s’égrènent au fil des épisodes de la seconde partie de la saison… Les épisodes 11 à 15 sont des joyaux d’écriture… Bienvenue au cœur d’une pure tragédie grecque et du crépuscule d’un immense personnage.




Peaky Blinders, saison 3 *****

Sol : Les britanniques sont les meilleurs. En termes de série.

Nous sommes ici plongés dans les rues noires et pauvres de Birmingham, en 1919, où une famille de gangsters fait la loi. Classique, me direz-vous. Sauf que le traitement visuel et sonore de cette saga est à couper le souffle : rarement on avait été aussi loin dans l’esthétisation du gangstérisme.

Cela pourrait poser quelque problème si à côté de cela, il n’y avait pas une crudité assumée de la violence et une complexité des personnages qui neutralisent ce qui aurait pu être une glorification du mal, comme on en voit si souvent. Mention spéciale à la bande-son (rock contemporain) qui accompagne parfaitement les épisodes d’une série qui est portée par des acteurs et des actrices tous très bons, et notamment par le magnétique Cillian Murphy.



Parks and recreation, 7 saisons *****

Tartine : Série américaine de Greg Daniels et Michael Schur. Cette série met en scène le quotidien des employés du département des parcs et des loisirs de la ville fictive de Pawnee, dans l’Indiana.
Voici certainement la meilleure série comique de tous les temps. A la maison, tout le monde l’a dévorée. La série a été –enfin- diffusée en France sur Canal + cette année. Vous y suivez le quotidien de Leslie Knope -aux grandes ambitions professionnelles et politiques- et de sa joyeuse bande de bras cassés.

Cela sous forme de mockumentaire (faux documentaire à l’intérieur de la série, toujours moqueur mais jamais méchant). Une fois passé le cap de la saison 1 (seulement 6 épisodes, un peu moyens ceux-ci il est vrai), vous ne pourrez plus oublier –entres autres- Leslie (l’éternelle optimiste), Andy (le gentil benêt), Ben (le tendre geek) ou encore Tom (le fan de marques toujours plein de projets) et surtout Ron, le chef de Leslie, carnivore convaincu et maître du jemenfoutisme et mon Dieu personnel.


The Americans, saison 4 *****

Sol : Toujours aussi palpitante, cette 4ème saison confirme ce que l’on avait pressenti : nous sommes en train d’assister à la construction d’une grande série d’espionnage et d’amour.




Westworld, saison 1 **** 

Aglaé : A l’origine, un livre du même nom  de Michaël Crichton adapté au cinéma sous le titre Mondwest en 1973. Le thème était novateur à l’époque : sur le modèle de Jurassic parc, un parc d’attraction propose à une clientèle fortunée de vivre des aventures dans un Ouest imaginaire peuplé de robots. Naturellement  les créatures du parc deviennent hors de contrôle…

La série reprend  le concept avec les moyens techniques actuels et plus de finesse. Avec le format série, nous entrons lentement et avec un trouble croissant dans une intimité psychologique ambigüe avec ceux qui ne devraient pas être vraiment humains mais qui semblent  quelquefois plus en évolution que les humains véritables. En trame de fond nous devinons les enjeux du pouvoir et les flirts dangereux entre science et pouvoir…  Un autre aspect du thème déjà abordé dans Akta Manniskor ou le célèbre Blade Runner. 





The Good place, saison 1 ****

Tartine : Série télévisée américaine créée par Michael Schur. Compte tenu de ses bonnes actions pendant sa vie, Eleanor, qui vient de mourir, se réveille au « Bon Endroit ». Sauf que la jeune femme réalise rapidement qu’il y a dû y avoir une erreur...
Sans se prendre au sérieux, les créateurs nous offrent une série rafraichissante, portée par deux comédiens savoureux et pétillants : Kristen Bell et Ted Danson. Une série qui ne tiendra pas forcément très longtemps mais à déguster tant qu’elle dure : légère et douce comme une sucrerie. Et attention au final de cette première saison... Surprenant !



Narcos, saison 2 ***

Sol : Cette seconde saison est encore plus réussie que la première, ce qui est une prouesse. On y suit toujours la destinée de Pablo Escobar, le plus connu des narco trafiquants colombiens, à travers les yeux de plusieurs contemporains : famille, policiers, associés. Un biopic très bien réalisé, classique, mais instructif et prenant de bout en bout.




Braindead, saison 1 ***

Tartine : Série télévisée américaine crée par Michelle et Robert King. Imaginez que des insectes extraterrestres se nourrissaient de votre cerveau et prenaient le contrôle de votre corps… Et bien c’est ce qui arrive aux camps républicains et démocrates à Washington dans Braindead !
Une série un peu barrée, sans réel équivalent dans le paysage actuel, avec un début et une fin (non, il ne devrait pas y avoir de saison 2, et ce n’est pas la volonté des créateurs), avec des comédiens drôles et plusieurs niveaux de lecture (Trump et Hillary en toile de fond)…


The Saboteurs (aka The Heavy water war : les soldats de l’ombre), saison 1 ***

Tartine : Série norvégienne de Peter S. Rosenlund. 1943. Alors que l’Allemagne nazie entreprend de créer la première bombe atomique, une opération secrète s’organise afin de contrecarrer la menace…

Alors je triche un peu car je n’ai pas terminé la série (minisérie devrais-je dire : 6 épisodes). Et il ne s’agit pas vraiment d’une série de 2016 (2015 en fait). Mais je la trouve nettement plus intéressante que le décevant The man in the high castle, mal écrit et aux personnages mal développés.

Les sujets évoqués dans The Saboteurs (attention, on trouve la série parfois référencée sous le titre The Heavy water war) restent encore aujourd’hui polémiques et controversés : le rôle de la Norvège et sa relation à l’Allemagne pendant la guerre et celui de Werner Heisenberg, qui avait choisi de rester en Allemagne quand ses confrères avaient fui le pays… Une série chorale plutôt bien troussée, au casting international, bien rythmée.



Le Bureau des Légendes, saison 2 ***

Sol : Après une saison 1 qui démarre lentement mais devient peu à peu addictive, nous avons eu droit à une saison 2 complexe et nerveuse, avec un épisode de fin qui est le paroxysme de la tension qui s’installe au fil des épisodes. Une réussite à saluer, car nous ne sommes  pas toujours tendres avec les séries françaises. Celle-ci s’empare sans timidité malvenue des enjeux géopolitiques actuels au proche Orient et le fait de manière intelligente et passionnée. Elle réussit à traiter un sujet qui peut parler au monde entier, avec un ancrage très local dans la façon de montrer la diplomatie, l’espionnage, le renseignement. Et un Mathieu Kassovitz au sommet de sa forme.




Stranger Things, saison 1 ***

Tartine : Série télévisée américaine créée par Matt et Ross Duffer. Hawkins, Indiana, 1983. Le jeune Will Byers disparaît brusquement de chez lui. Le shérif enquête, les amis de Will s’interrogent et la mère du garçon constate d’étranges phénomènes…

Quoi dire sur LA série popcorn de l’été que tout le monde a vu ? Une série bourrée de références, capable de parler aussi bien aux quarantenaires (nostalgie, nostalgie…) qu’aux adolescents. De l’horreur, de la comédie, du suspense, il y en a pour tous dans Stranger Things… Mais c’est avant tout un magnifique hommage aux années 80 et à ses auteurs, de Carpenter à Spielberg, en passant par Stephen King et John Hugues…

Sol : La petite perle de l’année. La série de l’été 2016 qui a déjà fait beaucoup parler d’elle. Une série 80’s, mélange des univers enfantins de Spielberg et plus angoissants de Carpenter, superbement photographiée. Interprétée par des gamins doués qui rendent chaque personnage très touchant, une franche réussite, un truc que l’on n’attendait pas, une petite perle.

Aglaé : sûrement une des rares séries qui restera dans les mémoires pour cette année. En plus de faire (re)vivre toute une époque le scénario est complètement maîtrisé et l’idée de base géniale, évoquant Lovecraft ou autres mythes des univers miroirs. L’expérience à tenter.
 



Atlanta, saison 1 ***

Sol : Atlanta est une série créée par Donald Glover, un acteur déjà remarqué dans la très bonne série Community et en tant que rappeur, sous le pseudo Childish Gambino, avec déjà 2 très bons albums à son actif.  Le pitch wiki : « Deux cousins essayent de percer dans la scène rap d'Atlanta afin d'améliorer leurs vies et celles de leurs familles. »

Une série douce-amère qui parle de la communauté noire américaine d’une façon différente de ce que l’on a l’habitude de voir, avec un humour absurde parfois grinçant et une mélancolie assumée. Une dramédie, comme on dit, mais une bonne.



Mr Robot, saison 2 **

Sol : Je n’ai pas été déçu par cette deuxième saison comme certains. Elle est plus complexe et plus sombre que la précédente. On est toujours en immersion dans la psyché d’Elliott, ce génial hacker troublé et troublant mais les réalisateurs tentent des modes de narration qui surprennent le spectateur.

La série est plus que jamais pertinente sur le traitement des enjeux contemporains tels que la surveillance de masse, les théories du complot, la transparence, la manipulation, etc. Curieux de voir où nous mènera la saison 3.

jeudi 10 mars 2016

Inquiétante étrangeté



 Je vais écrire, pour une fois, à propos de film mais également de livres. Vous me pardonnerez?

J’ai lu récemment une bd, un livre et vu un film dont le trait commun était l’étrangeté. L’étrangeté et le faux semblant. J’ai pris un grand plaisir avec ces œuvres dont les auteurs se sont joués allègrement de mon cerveau.


J’entends souvent dire autour de moi « les artistes, ce sont des originaux »

Notre cerveau nous joue parfois des tours. Ainsi, lorsqu’on étudie le phénomène des illusions d’optique, on se rend compte qu’on ne voit jamais le monde tel qu’il est, on l’interprète. Il en est de même avec la mémoire, les souvenirs qu’on oublie, trie, sélectionne. On y ajoute un élément, on enlève ce qui nous dérange, consciemment ou non.

Alors ces artistes, dont on dit trop souvent qu’ « ils ont leur univers », ne sont pas si originaux que cela. Ils recomposent le réel, comme chacun d’entre nous. Nous avons chacun notre univers, nous créons tous des mondes qui nous sont propres. L’étrangeté des œuvres dont je vais vous parler est un hommage à la diversité de nos représentations. Nous aurions tort de les bouder à cause de cela. Rien n’est si étrange que l’autre et son monde. Vous aussi, vous êtes donc étrange pour l’autre !

Notre métier de bibliothécaire consiste alors à faire se croiser les mondes, tous les mondes.

Réalité, Quentin Dupieux



Jason Tantra, un cameraman placide, rêve de réaliser son premier film d'horreur. Bob Marshall, un riche producteur, accepte de financer son film à une seule condition : Jason a 48 heures pour trouver le meilleur gémissement de l'histoire du cinéma…

Voir un film de Quentin Dupieux, c’est accepter d’entrer dans quelque chose qu’on ne comprendra pas forcément ! On pourrait le rapprocher de David Lynch pour cela mais pas seulement : dans son film, l’humour potache côtoie l’inquiétude. Les acteurs, tous très bons, participent grandement à la dimension absurde (dans le bon sens du terme) du film. La photographie est très soignée et l’ensemble nous laisse à penser qu’on aurait tort de résumer le cinéma français à de l’autofiction geignarde et nombriliste. Je ne sais si c’est un grand film, mais il a eu le mérite de me faire rire et réfléchir. C’est déjà beaucoup.


Panthère, Brecht Evens



Le prince Panthère, dandy, charmeur, vient réconforter la jeune Christine, dans sa chambre, après la mort de son petit chat. Commence un étrange jeu de séduction entre le félin et sa proie.

J’écrivais « faux semblant » au début de mon article. On pourrait croire, si l’on regarde la couverture, que cet album est destiné aux enfants. Eh bien non, et même pas du tout, tant il est troublant. Car s’il est question des rapports entre une enfant et sa peluche imaginaire (?), on comprend très vite que ce qui se joue n’est pas qu’une relation d’amitié. Tout est bien plus ambigu.

J’aime beaucoup cet album et cet auteur, car c’est tout d’abord un dessinateur hors pair. Virtuose même, lorsque l’on prend le temps de revenir sur ces planches, ses nombreux détails, leur composition et bien sûr les différents visages de la panthère qui peut être tour à tour adorable, magnifique, horrible et effrayante.

Cet album est une féérie sombre qui joue avec les codes du conte et avec nous.

Je recommande également les 2 précédents albums de l’auteur dont j’avais dit le plus grand bien ici.


Lunar Park, Bret Easton Ellis



Dans cette oeuvre introspective, Bret Easton Ellis nous dévoile les coulisses de sa vie d'écrivain. Usé par les excès du star-system, l'auteur sulfureux décide de se ranger et d'aller vivre sur la côte Est américaine avec sa femme et son fils. Mais, très vite, un nouvel assaut de dérapages contrarie le tableau idyllique de l'homme assagi...

Je ne me suis jamais vraiment remis de la lecture d’American Psycho, quand j’avais 20 ans. J’avais été complètement fasciné par Patrick Bateman, ce golden boy arrogant et maniaque, cynique et psychotique. Il représentait le monstre archétypal que l’Amérique de la finance folle avait créé. Mais cela, je ne l’ai compris qu’après…

Je ne vais pas exposer ici ma longue relation avec les écrits de Bret Easton Ellis, qui est un auteur dont j’affectionne particulièrement le travail. Disons simplement que j’avais lu plusieurs livres de lui, mais pas Lunar Park.

Ce livre est étrange car c’est une autobiographie partielle. L’auteur prévient : « je ne veux pas avoir à clarifier ce qui est autobiographique et ce qui l’est moins. Mais c’est de loin le plus vrai que j’aie écrit. Au lecteur de décider ce qui, dans Lunar Park a bien eu lieu. » Ces phrases valent sans doute pour nombre de romans mais sont particulièrement adaptées à celui-ci.

Bret Easton Ellis a toujours témoigné d’un talent immense pour les dialogues, pour leur conférer une grande tension et une grande véracité. Ici, grâce à ces dialogues et des monologues intérieurs, il dépeint à merveille les riches banlieues américaines, où l’apparence est reine, et les anxiolytiques aussi. Il réussit l’exploit de conjuguer des thèmes aussi variés que la famille, le rôle de père, le rêve, la drogue, le cauchemar dans une parfaite harmonie. Le terme est sans doute mal choisi, tant ce portrait de vie réaliste va basculer dans l’hallucination et l’horreur. Hommage à la littérature d’épouvante, certaines scènes devraient être grotesques, pourtant elles glacent le sang.

Roman terriblement intelligent, espiègle et ambitieux, Lunar Park est un livre spirale, remarquablement construit, stupéfiant.

Sol

samedi 30 janvier 2016

La saison 2 : un exercice difficile?

On dit que le plus dur dans la carrière d’un artiste musical, c’est le 2ème album. Parce que le 1er opus est le fruit de toutes les expérimentations passées, parce qu’il est souvent plus brut, spontané que ceux qui vont suivre. En est-il de même dans l’art des séries ? Est-il difficile de passer le cap du succès de la 1ère saison ? Retour sur 3 exemples récents :


The Affair

Plusieurs fois évoquées dans les colonnes de ce blog, j’avoue être particulièrement fasciné par cette série. D’abord parce que l’histoire est des plus convenues : un mari, père de 4 enfants, va tromper sa femme avec une femme mariée. Mais déjà je donne une version des faits, la mienne. J’aurais très bien pu écrire : une femme mariée, qui a perdu un enfant, va tromper son mari avec un homme marié.

Je ne veux pas complexifier vainement la chose mais c’est précisément là où réside tout le sel de cette série : à travers les interrogatoires des deux protagonistes principaux, nous suivons la même histoire, mais racontée selon un point de vue différent. L’épisode est scindé en 2 : la version de Noah et celle d’Alison.




Interprétée par des acteurs formidables, cette aventure extra-conjugale sur fond de thriller policier a connu un grand succès critique : en 2015, la série a obtenu deux Golden Globes, celui de la meilleure série dramatique et celui de la meilleure actrice pour Ruth Wilson.

Qu’en est-il de la saison 2 ?

Alors que de nouveaux points de vue apparaissent (ceux d’Helen et Cole), la série en profite pour tenter de nouvelles choses. L’épisode de la tempête en est l’exemple parfait, et je le trouve plutôt réjouissant. L’observation des rapports amoureux est toujours aussi fine, les acteurs toujours aussi bons. Le seul bémol : alors que dans la saison 1, l’intrigue policière ne figurait qu'à des fins de contentement du producteur qui devait penser que cela rendrait la série plus vendeuse, elle prend ici un peu plus de place.



Au risque d’épaissir le trait, si fin dans la première saison. On se laisse tout de même prendre par l’aventure qui tire vers le soap, sans y perdre de vérité dans la description des relations conflictuelles des êtres humains ainsi que dans l’étude de leur psyché. En espérant que la saison 3 ne tombe trop bas dans ce piège, qui consisterait à privilégier le procès et l’enquête au détriment des relations amoureuses.


Oncle Erneste : t’en as pas un peu marre des amourettes ? T’as qu’à regarder Dallas ou les feux de l’amour si tu veux des rebondissements.



Fargo

La saison 1 nous avait agréablement surpris, c’est le moins qu’on puisse dire. Etant fan du film des frères Coen dont la série s’inspire, je voyais mal comment celle-ci pouvait réinventer cet univers sans redondance. C’est pourtant avec une certaine fraîcheur (voire un certain grand froid), que les réalisateurs ont réussi à renouveler l’univers des cinéastes américains. Les décors, les personnages font évidemment référence au long métrage mais le scénario bien ficelé, les acteurs – actrices très bons ont su nous éloigner de toute comparaison.



 Ce n’était pas gagné, ils l’ont fait. On a eu droit à un personnage ambigu joué par un Martin Freeman extraordinaire et un tueur à gage charismatique à souhait, joué par Billy Bob Thornton, au sommet de son art. La violence quasi loufoque de l’histoire a fait le reste : nous étions (Tartine et moi) conquis.

Oncle Erneste : et moi alors ? J’ai bien aimé aussi. Surtout la scène dans l’immeuble où ça shoote en travelling horizontal.

Sol : wow tonton, tu m’impressionnes. Effectivement cette scène est réussie.



 

Qu’en est-il de la saison 2 ?

Alors là, le pari était encore plus gonflé. Une saison, ok, mais une autre, qui raconte une autre histoire, avec de nouveaux acteurs, toujours dans l’univers de Fargo : autant dire que ce n’était pas gagné. Encore une fois, force est de constater que le réalisateur Noah Hawley a des idées à revendre puisque ça marche ! On reprend les codes du polar décalé des frères Coen, on recrute des acteurs talentueux au visage marquant (et marqué), on saupoudre tout ça de neige et voilà le travail. On aurait pu croire le filon trop suivi, la ficelle trop tirée…




Oncle Erneste : Mais qu’est-ce que tu racontes ?


Sol : Bref, encore une fois ça fonctionne. Comme quoi le cinéma, les séries tv, avec de bons acteurs et un bon scénario, ça donne toujours quelque chose de bien. Je n’irai cependant pas jusqu’à parler de chef d’œuvre comme on a pu l’entendre ici et là. Avec quelques mois de recul, je me rends compte qu’il ne m’en reste pas grand-chose.



J’ai passé un très bon moment devant cette série (surtout après l’épisode 4), comme on passe un bon moment devant un énième Tarantino, le genre n’en est pas révolutionné pour autant. Mais quel plaisir de voir notamment Kirsten Dunst dans ce personnage étrange, quel plaisir d’écouter Nick Offerman, et….



Oncle Erneste : oui bon t’as aimé quoi ? Faut pas faire le peine à jouir, tu le dis et puis c’est tout.

Sol : Euh ok tonton, c’est vrai, j’ai plutôt apprécié cette deuxième saison.



Ah j’oubliais : on pourrait ne pas y faire attention, mais l’expérience de spectateur en demeurerait incomplète : amusez-vous à reconnaître les liens qui unissent cette deuxième saison à la première, il y en a énormément.



The Leftovers

Alors là, grosse, grosse claque.

Oncle Erneste : comme celle que je t’avais mise quand t’avais dit à tata Gina que ses pâtes étaient « pas géniales » ?

Sol : Oui, enfin il était plutôt question d’une métaphore. Mais oui, si tu veux.

The leftovers est une série américaine créée par Damon Lindelof (producteur et réalisateur de Lost) et Tom Perrotta, diffusée sur HBO.

O.E. : le pitch, mon petit, le pitch

Sol : c’est parti :

2 % des êtres humains ont disparu de la surface de la Terre sans la moindre explication, dans une sorte de ravissement. Les habitants de la petite ville de Mapleton vont être confrontés à cette question lorsque nombre de leurs voisins, amis et amants s'évanouissent dans la nature le même jour d'automne.


Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgade dépeuplée, mais rien n'est plus comme avant. Personne n'a oublié ce qui s'est passé ni ceux qui ont disparu. À l'approche des cérémonies de commémoration, le shérif Kevin Garvey est en état d'alerte maximale : des affrontements dangereux se préparent entre la population et un groupuscule aux revendications mystérieuses, comparable à une secte (source : wikipedia).


O.E. : Oula, ça a l’air bien chtarbé ton truc


 
Sol : C’est effectivement un peu étrange et assez complexe. Je préviens d’emblée les futurs spectateurs : la première saison est exigeante, de par son caractère austère et tortueux, qui empêche l’identification immédiate aux personnages. Pourtant, la mélancolie qui règne dans chaque épisode nous contamine très vite, grâce à sa beauté, souvent provoquée par la musique, très présente, et notamment le thème principal signé Dominik Hauser.



On pourrait reprocher à la série cette omniprésence musicale (Eric Rohmer disait que « si une scène a besoin de musique, c’est qu’elle est ratée »), c’est pourtant ce qui contribue à l’esthétique si réussie de celle-ci. Série sensible, dérangeante, profonde, elle nous plonge dans la psyché de personnages à la dérive, errant dans un monde qui perd chaque jour un peu plus de son sens. Comment faire le deuil d’un être disparu, qui n’est peut-être pas mort ? Pourquoi ont-ils disparu ? Y suis-je pour quelque chose ? D’autres humains vont-ils disparaître ?  

 
Pour retrouver du sens, des sectes se créent, des gourous attirent des foules, quand d’autres essaient désespérément de se rattacher à une réalité, un monde connu, qui semble constamment s’échapper.

O.E. : ok, bon ben je vais passer mon tour.

S. : attends, attends, la saison 2 est fantastique ! 

 
O.E. : je vais pas me taper une saison entière chiante à mourir, tout ça parce que la saison 2 est mieux !

 
S. : Je te comprends. Et pourtant, et pourtant.

O.E. : et pourtant quoi ?




S. : la deuxième saison est extraordinaire ! J’en conviens, la première saison est déstabilisante, dérangeante, exigeante. Mais vous ne le regretterez pas, croyez-moi, tant la saison 2 prend une toute autre ampleur. Le souffle lyrique présent en-deçà lors des premiers épisodes explose littéralement ici. D’autres personnages apparaissent, des réponses sont données et des mystères s’épaississent. On s’identifie enfin à ces êtres fragiles, qui cherchent du sens partout, quitte à repousser toujours plus loin leurs limites. Un monde ancien s’effondre et on ne sait ce qui va surgir. 

On navigue donc sur les vagues de ce monde fluctuant, au rythme d’un piano lancinant, jusqu’au final de cette deuxième saison, simplement stupéfiant.


Les trailers : 



 


samedi 19 décembre 2015

Bilan de l'année 2015 : mon top 11


L'année 2015 aura été riche en émotions, en partie grâce aux séries. Alors que l'arrêt de la série Mad Men marque selon certains la fin d'un âge d'or, il semblerait que les réalisateurs du petit écran ne l'entendent pas ainsi. Voici onze preuves qu'il fallait regarder la télé en 2015 :


1)      Mad Men

Comment vivre sans Mad Men ? C’est bien la question que je me suis posée lorsque je visionnais le générique de fin de cette fabuleuse série. Comment peindre le temps, rendre compte des années 50-60 aux Etats-Unis en racontant la vie de plusieurs personnages passionnants dans des décors ultra-soignés ? Les réalisateurs vous donneront la réponse. Certes, c’est une série exigeante, qui demande de la patience, mais quelle œuvre, quelle saga, quel souffle !

http://crevelecran.blogspot.fr/2015/05/the-americans.html

2)      The Americans

Un couple d’espions russes sur le sol américain, pendant la guerre froide. J’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais ici.

 
3)      The Affair
 
Je n’ai pas eu encore l’occasion d’écrire à propos de cette série. Je la trouve tout simplement passionnante. Le pitch n’avait pourtant rien d’extraordinaire : l’histoire d’une aventure extra-conjugale… Seule originalité : la même histoire est narrée selon le point de vue de chaque personnage. Le simple fait de voir évoluer les deux acteurs principaux suffit à procurer un plaisir croissant. L’intrigue policière voudrait nous faire croire au thriller, mais l’essentiel n’est pas là : il s’agit avant tout d’une histoire d’amours, d’une vérité troublante.
 

4)      Veep

C’est ce qu’on appelle un « grower » = une série qui se bonifie au fil des saisons. Les 1ers épisodes laissent perplexe, on rit peu, on sourit. Et puis, assez mystérieusement, on s’attache à cette vice-présidente et à sa bande, on la suit un peu malgré nous. Et puis on rit, franchement. Et puis on la suite 4 saisons durant et on se dit que cette saison 4 est décidément vraiment meilleure que ce qui a précédé : une satire politique très drôle et très cynique. Et puis Julia Louis-Dreyfus.

http://crevelecran.blogspot.fr/2015/08/geeks-hackers-quand-linformatique.html

5)      Halt catch & fire
 
Des geeks, des requins et des passions. La formidable aventure des débuts de l’informatique narrée à travers les yeux de 4 personnages complexes et attachants. J’en disais du bien ici.

http://crevelecran.blogspot.fr/2015/08/geeks-hackers-quand-linformatique.html
 
6)      Mr Robot
 
Une plongée dans la psyché d’un hacker troublé (c’est le moins qu’on puisse dire) et génial qui
pourrait bien déclencher une révolution. Une série complètement addictive.

 

7)      Rectify

 C’est l’histoire d’un mec qu’on a condamné à mort parce qu’il aurait violé et tué une jeune fille et qui finalement est relâché car provisoirement disculpé. Vous suivez ?! C’est surtout l’histoire d’un mec qui a passé toute son adolescence en prison et qui ressort un peu… perturbé. C’est un ado de plus de 35 piges qui redécouvre la vie à l’extérieur, lentement, étonné par tout ou presque. La série est dure (je vous aurais prévenu) mais d’une poésie rare. Lancez-vous.

http://crevelecran.blogspot.fr/2015/09/montre-moi-un-heros.html

8)      Show me a hero

Une mini-série basée sur des faits réels, qui se sont déroulés dans les années 80 à Yonkers. Avec un Oscar Isaac au somment de sa forme. J’ai (presque) tout dit ici.

http://crevelecran.blogspot.fr/2015/08/geeks-hackers-quand-linformatique.html

9)      The code
 
Une mini-série australienne surprenante. L’histoire de deux frères, l’un journaliste l’autre hacker surdoué, qui vont être confrontés à un secret d’Etat. Du très bon.


10)   Fargo
 
Cette saison 2 revisite encore une fois l’univers des frères Coen, et plus particulièrement l’environnement de leur film du même nom. Ca pourrait être indigeste et c’est pourtant tout le contraire. Des personnages finement croqués, des dialogues bien écrits et des paysages magnifiques. La série peine un peu à démarrer mais à partir de l’épisode 4, c’est complètement fou !

http://crevelecran.blogspot.fr/2015/11/pablo.html

11)   Narcos

Pablo Escobar, ça vous dit quelque chose ? Même si vous répondez oui, je suis sûr que vous ne connaissez pas les détails de sa vie. Si ce n’était pas basé sur des faits réels, nous dirions que c’est trop gros. Un personnage « bigger than life », comme disent les américains. J’en ai dit + ici.
 
A vous maintenant!

Oncle Erneste : T'as pas autre à chose à faire que regarder la télé? A 35 ans, faudrait pt'êt' penser à aller voir les filles un peu, hein?