jeudi 26 décembre 2013

Homeland

Homeland, affiche saison 3
Homeland : le déclin ?

Pour une fois, nous allons vous parler d’une série très, très connue : Homeland, adaptation américaine de la série israélienne Hatufim (Mamoon pourrait en parler). Pourquoi ? Parce que la saison 3, très attendue, en cours de diffusion, divise la rédaction.

Place au débat ! Mais avant d’aller plus loin, voici le pitch Allociné : Huit ans après la disparition de deux soldats américains lors de l'invasion de Bagdad, l'un d'entre eux réapparaît, alors que tout le monde le pensait mort depuis longtemps. Rapatrié aux États-Unis, il est accueilli chaleureusement par sa famille, ses amis et le gouvernement. Seule contre tous, l'agent de la CIA Carrie Mathison, qui a passé plusieurs années en Afghanistan, est persuadée que le héros est en réalité devenu un espion à la solde de l'ennemi, préparant la prochaine attaque terroriste sur le sol américain. Sans réelle preuve et montrée du doigt suite à un incident diplomatique qu'elle a déclenché quelques mois plus tôt, Carrie va devoir se battre pour prouver que ce qu'elle avance est la réalité...

Il est préférable d’être à jour comme dirait Pierre Sérisier, avant de continuer la lecture de ce post !


Sol : Oui, j’ai beaucoup aimé la 1ère saison, qui annonçait une passionnante série d’espionnage, qui catalysait toutes les peurs contemporaines des États-Unis, comme seuls les américains savent le faire. 

Sur un rythme saccadé, comme ce générique sur fond de jazz, on voyait naître à l’écran  une relation d’attraction/répulsion, amour/haine entre deux écorchés vifs. C’est le jeu fin de ces acteurs, touchants car blessés (elle était facile celle là), qui rendait l’Histoire avec un grand H humaine et troublante. L’ambiguïté du rôle de Brody entretenait le suspense jusqu’à la fin. Et puis le ton va changer presque radicalement dès la 2ème saison…


De gauche à droite : Mandy Patinkin, Claire Danes, Rupert Friend et Damian Lewis


Tartine : Mon ami Sol, j’ai pour ma part eu quelques difficultés à rentrer dans la série. Honnêtement, j’ai bien mis 4 ou 5 épisodes à m’ancrer dans cette histoire (franchement, les récits de terrorisme et d’espionnage international, c’est pas trop mon truc). Et j’avais lâché 24 en fin de saison 5 il y a quelques années…   
Mais voilà : c’était compter sans trois formidables comédiens (Claire Danes-Damian Lewis-Mandy Patinkin) et évidemment sur un scénario habile et intelligent, humain et méticuleux. Sans vouloir révéler inutilement des moments clés de l’intrigue, on se retrouve au cœur d’une intrigue complexe, ancrée dans l’actualité, manipulatrice aussi. Et passionnante.

Me voici donc à suivre avidement la saison 1, puis la 2 et maintenant la 3. Je ne trouve absolument pas cette dernière en deçà des 2 premières, contrairement à ce que certaines critiques laissent entendre. La série prend adroitement un nouveau tournant en se redéfinissant, au cœur de la « dépression » de plusieurs personnages…

Parait qu’une saison 4 serait d’ores et déjà prévue. Chouette !

S.: Alors que j'en suis à l'avant-dernier épisode de cette saison, je suis mi-figue mi-pastèque. Il y a bel et bien eu un sursaut dans cette saison et je me suis preque surpris à y croire. Les scénaristes se sont creusés la tête pour redonner un semblant d'intérêt à la série, en intégrant une nouvelle intrigue d'espionnage anti-terroriste international.Mais, là où le bas blesse, c'est qu'il s'agit de plus en plus d'un ersatz de 24! Brody n'est autre que Jack Bauer dorénavant Tartine, il faudra t'y faire. Le discours est on ne peut plus clair, sur les rapports entre les USA et l'Iran. Je n'en dirai pas plus car je ne veux pas spoiler, mais la déception est grande, tant la 1ère saison (et la 2ème dans une moindre mesure) laissait entrevoir une série originale sur ce thème qui ne l'est pas.

J'attends tout de même le dernier épisode, un peu par réflexe, car plus rien ne me passionne vraiment là-dedans. La saison 4, ce sera sans doute sans moi...

 
La guerre des étoiles de Carrie

T. : De mon côté, je n’ai pas voulu faire de rapprochement entre Homeland et 24, entre Brody et Bauer. Je n’ai pas trouvé la narration d’Homeland proche de celle de 24 et je n’ai pas non plus trouvé les mêmes enjeux aux deux séries. Après, effectivement : les deux surfent sur le même thème…

Il y a deux jours, le final de cette saison 3 est tombé, et je dirais même, très bien tombé. Plusieurs scènes très émouvantes et très fortes… Un très beau final… 

Après, ce n’est pas du tout la fin que j’imaginais. Je pensais (vu qu’une saison 4 était annoncée) que le final allait être ouvert, comme en fin de saison 1 et 2… Sauf que cela n’a pas été le cas ! Du coup, on est en droit de se demander justement pourquoi une saison 4, et surtout, j’ai, comme tout le monde je pense, un peu peur de ce qui pourrait être produit par la suite.

Mais je serais tout de même au rendez-vous l'année prochaine pour la saison à venir...


samedi 30 novembre 2013

Inside Llewyn Davis

"Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d'un jeune chanteur de folk dans l'univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu'un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, à commencer par ceux qu'il se crée lui-même."

Sol : Au début, j’ai eu peur.
New-York, Greenwich village, la folk, les bars enfumés, le chat : on connaît presque la chanson. Tout semble assez classique.


Et puis très vite le cinéma des frères Coen se déploie, et le début prendra tout son sens à la fin. Entre temps, un film impossible à résumer, tant il semble décousu, tant il joue sur les tons : on passe de l’hilarité à l’émotion pure. La mélancolie dans un New-York sombre et glacial mais rien ici, par la grâce de la mise en scène, n’est jamais pesant.


Les seconds rôles – Justin Timberlake, Carey Mulligan, John Goodman -  sont savoureux. En quelques plans, un personnage est créé, dans des scènes d’anthologie telle cette virée dépressive et onirique vers un Chicago enneigé.


Et puis, si l’on s’intéresse un peu au cinéma des frères Coen, on perçoit toute la cohérence et l’évolution de leur travail. Leurs héros sont des anti-héros, des personnes malmenées par la vie et le monde, qui leur est hostile. Alors que le personnage principal de « A Serious Man » se demandait pourquoi sa vie partait soudainement en lambeaux, sans qu’il ne puisse rien y faire, Llewyn Davis arrive à des croisements. Il a des choix à faire, il fera constamment les mauvais. Bob Dylan est son contemporain, lui percera.

Pourquoi pas Llewyn Davis ?

Oncle Erneste : Ben alors, pourquoi pas ?

Sol : Eh bien vas voir le film, tonton !

O. E. : Tu te fous de moi ? Tu finis ton truc comme ça, par une question ? Aller au cinéma t’es gentil, et qui va garder un œil sur ta tante, hein ?

S. : J’peux pas, j’ai piscine ce jour-là.

O.E. : Ah bravo, pour regarder des films de bobos avec des chats y’a du monde, mais pour garder Tata Jacqueline y’a plus personne

S. : Au pire, tu le regardes en streaming sur un site pirate.

O.E. : Quoi des pirates ? Tu te fous encore de moi ?!

S. : Désolé j’dois y aller, bonne soirée tonton, la bise à tata.

Une voix au loin : petit con va ! blablabla……. (on entend plus assez pour le retranscrire correctement)


vendredi 25 octobre 2013

Pourquoi j'ai aimé Passion (part 2)...

Sol : Chère Tartine, plusieurs questions me taraudent : avons-nous vu le même film? as-tu pris de l'héroïne? pourquoi es-tu aussi méchante que la bouteille Orangina?


Je ne rentrerai malheureusement pas dans le débat sur la filmographie de Brian De Palma, car je n' ai vu que très peu de ses films, et je ne suis pas son plus grand fan. J'avais beaucoup aimé Scarface et Carlito's way à l'époque, mais je crains fort qu'ils aient vieilli, et pas forcément très bien.

Je suis en accord avec une - et une seule - de tes remarques : Rachel McAdams n'est pas à la hauteur. Exceptée cette petite erreur de casting, le film est un pur délice. Le plaisir que j'ai eu à le regarder est sans doute égal à celui du réalisateur qui, de connivence avec le spectateur, joue sans cesse avec lui, comme les actrices jouent entre elles.

La dualité est bien sûr la forme maîtresse du film, mais s'ajoute à elle la pièce manquante du triangle amoureux : l'auteur / les actrices / le spectateur. Toutes les obsessions du réalisateur sont présentes : l'image, l'identité, la manipulation. Tout est manipulation : aux perversités ingénieuses des actrices répond le jeu de dupes du réalisateur, qui sème des fausses pistes, comme autant de clins d'oeil amusés au spectateur.

Toute la virtualité du monde contemporain est présente dans son obsession pour l'image - et sa déformation de la réalité - : téléphone portable, caméras de surveillance, écrans d'ordinateurs... Tout est vu à travers un filtre, potentiellement trompeur. Les plans comportant miroirs et vitres sont légions, et contribuent à cette esthétique que tu appelles tour à tour kitsch, tape à l'oeil, datée, moche et que pour ma part je trouve très réussie.


Si la photographie et la mise en scène sont très hitchcockiennes, De Palma réussit justement à ne pas tomber dans l'hommage stérile. Il réinvente le style du film noir, thriller oppressant au montage ultra-rapide et très efficace. En quelques minutes, l'intrigue est posée, le décor planté.

Puis la tension monte à chaque plan, jusqu'à un final en guise d'apothéose qui illustre parfaitement l'ambition du film : délivrer un pur moment de cinéma, comme un ballet chorégraphié à la perfection par un cinéaste à la précision clinique, scalpel à la main, le sourire aux lèvres.

Bisous Tartine!

vendredi 18 octobre 2013

Pourquoi je n'ai pas aimé Passion (part 1)...

Tartine : au départ, je partais plutôt avec un bon à priori : le nouveau De Palma depuis longtemps absent, une relation féminine ambigüe, la magnifique Noomi Rapace…

A l’arrivée, le film m’a plutôt fait l’effet d’un pétard mouillé. Tout ça pour ça devrais-je dire…

Au fait, le sujet : deux femmes se livrent à un jeu de manipulation pervers au sein d'une multinationale. Isabelle est fascinée par sa supérieure, Christine. Cette dernière profite de son ascendant sur Isabelle pour l'entraîner dans un jeu de séduction et de manipulation, de domination et de servitude.

Alors que j’imaginais justement "un jeu de séduction" ambivalent et passionné, les relations d’Isabelle et de Christine pourraient plutôt illustrer un téléfilm du samedi soir sur une obscure chaîne de la TNT.

L’histoire est déjà vue et caricaturale : on y voit deux jolies filles un peu bêtes qui s’opposent et qui n’ont pas grand-chose à faire à part porter des tenues très chères et se pavaner 1h30 dans une maison à 15 millions d’euros. Brian de Palma a réalisé des chefs d’œuvres, mais c’était il y a trente ans… C’est vrai qu’après ses deux derniers opus, absolument catastrophiques (Femme Fatale et surtout Le Dahlia Noir !), j’aurais quand même du me méfier…

Dans Passion, il semble tenter de renouer avec les succès qui ont fait sa renommée (je pense surtout à Pulsions, Body Double ou Sisters), mais sans y parvenir. Du tout. 

Même le choix des comédiennes est franchement discutable : j’adore vraiment Noomi Rapace, mais ni elle, ni Rachel McAdams (surtout elle) ne me semblent bien à leur place. C’est vide, c’est lent, sans aucune sensualité. La seule atmosphère dégagée par le film, c’est celle du kitsch. Dans le style du plus pur nanar almodovarien, c’est non seulement ultra tape-à-l’œil, mais en plus ça fait daté.

Passion n’a pas d’intérêt. Le film est pauvre, confus, grandiloquent, artificiel et moche. Et apparemment très en deçà de la version originale française dont il est le remake…

Maintenant, je sais que vous, chers Sol et Fantômette, vous avez aimé... Mais grand Dieu, dîtes-moi pourquoi !? Hein ? Pourquoi ?


jeudi 19 septembre 2013

La rentrée des (séries) classes : part 2


Sol :  A l’aide de quelques cafés, je me suis dévoué pour visionner de nouvelles séries tv, et recueillir pour vous le meilleur de la rentrée.

Oncle Erneste. : C’est ça ton métier ?

S. : Euh, non tonton, je suis bibliothécaire.

E. : Oui, c’est bien ce que je dis.

S. : Bon, je ne relèverai pas ce petit sarcasme, tonton. Je vais continuer à marcher droit, sans me laisser déstabiliser.

E. : Mais c’est pas ça ton métier ?

S. : Ah, d’accord, en fait tu étais sérieux. Eh bien non, ce n’est pas que ça mon métier, je fais aussi du catalogage, de l’indexation, je…

E. : Ok c’est bon, j’ai compris.

S. : Parfait ! Je continue donc, voici 3 séries qui valent le détour :

Rectify

Une série avec les mêmes producteurs que Breaking bad, c’est déjà bon signe. Maintenant, l’intrigue : "Après 19 années passées en prison pour viol et meurtre, Daniel Holden est finalement disculpé grâce à des analyses ADN. De retour dans sa ville natale, cet homme qui n'avait que 18 ans lorsqu'il avait été emprisonné et condamné à mort, tente de reconstruire une nouvelle vie".


Autant vous dire que le retour à la réalité est difficile… La série se révèle très originale dans le traitement de cette intrigue, qui pourrait servir de base à une série policière. Or, c’est moins le fait de savoir si Daniel est coupable ou pas qui importe dans cette 1ère saison,  que la poésie qui découle de sa redécouverte du monde. L’acteur principal est très convaincant, le personnage est troublant, ambigü et profond. Rectify est une série qui dérange et émeut. A suivre de près.

E. : Et alors, c’est lui qu’a tué la fille ou pas ?
 
S. On ne sait pas encore tonton.


House of cards
Le synopsis : « Frank Underwood, homme politique rusé et vieux briscard de Washington, est prêt à tout pour conquérir le poste "suprême"... »

Autant vous dire cette fois que le concept n’est pas très original. La série est réalisée par le cinéaste David Fincher, à qui l’on doit Seven, Fight Club, The Social Network ou encore Millenium. Le point fort de cette série est son acteur principal, Kevin Spacey, qui incarne le rôle d’un homme politique machiavélique, intelligent, froid et manipulateur.

E. : Un homme politique, quoi.

S. : Ils ne sont pas tous comme ça !

E. : Oui, oui. Et c’est la marmotte qui emballe ta tablette de chocolat.

S. : Je ne pense pas qu’une marmotte puisse faire cela.

E. : .....

S. : La série devient réellement intéressante dans la deuxième moitié de la saison, la 1ère étant surtout l’occasion pour le réalisateur de présenter les personnages et les enjeux. La réalisation est soignée, la photo aussi, et les dialogues sont très bons. Néanmoins je suis plus mitigé que la plupart des critiques : au final, je trouve le résultat un peu lisse, un peu lent, un peu froid et par moments l'écriture tombe dans une certaine facilité. En gros, les ficelles sont un peu grosses...

E. : « En gros, les ficelles sont un peu grosses ». Ah ben bravo !

S. : Je suis fatigué, tonton. Disons que dans le genre, je préfère largement Boss, dont nous avons déjà parlé ici il y a quelque temps.


Passons maintenant à Utopia, une série anglaise comme Tartine les aime. Le pitch ?

E. : Ah ouais, file moi un pitch !

S. : Ce n’est pas une friandise tonton, c’est le résumé de l’histoire :  4 internautes passionnés par un comics du nom d’Utopia vont se retrouver embarqués dans une sombre affaire, aux allures de conspiration mondiale...


E. : Oula, ça me plaît ton truc. Y’a des extraterrestres ?

S. : Non, mais une deuxième saison est prévue, alors sait-on jamais ? En attendant, c’est mon coup de coeur de cette année. Seulement 6 épisodes, à un rythme haletant, avec des personnages  atypiques (« where is Jessica Hyde ? » !) : cette 1ère saison est une réussite. L’histoire est ambitieuse, parfois complexe et l’image est très travaillée : Utopia impose son univers en surprenant constamment le spectateur par ses parti pris esthétiques.  Les brusques changements de ton participent également à cette déstabilisation, qui se révèle plus jubilatoire que dérangeante (attention cependant à « la scène de la cuillère »...). Je n’en dis pas plus, place au plaisir de la découverte.

E. : A part manger, je vois pas trop ce qu’on peut faire avec une cuillère ?

S. : Regarde le premier épisode, je suis sûr que ça va te plaire tonton.


Rectify,  série américaine, diffusée sur Sundance Channel, 2013, 6 épisodes
House of cards, série américaine, diffusée sur Canal + Séries, 2013, 13 épisodes
Utopia, série britannique, diffusée sur Channel 4 et bientôt sur Canal + séries, 2013, 6 épisodes



mardi 17 septembre 2013

La rentrée des (séries) classes : part 1



David Threlfall-What Remains
Jeannine : Quoi ?! Il n’y a que 4 épisodes de What Remains ???

Tartine : Et oui Jeannine. Tu ne savais pas ?

J. : Ben non. Les formats sont de plus en plus courts !

T. : Je crois que le temps des séries à 25 épisodes par saison est carrément révolu. Sauf quelques cas particuliers ! Mais les séries n’en sont que plus efficaces, non ?

J. : Oui, c’est vrai. Et c’est vrai aussi que What Remains est une série prenante. J’aurais aimé qu’elle dure plus longtemps !

T. : Je suis d’accord ! Intrigue basique au premier abord, mais atmosphère étouffante, personnages intrigants et en plus têtes connues au casting… Ca marche ! Le final, pour moi, c’est ce soir !
Indira Varma-What Remains

J. : Moi c’est fait !

T.  : Dis rien, surtout ! 

J. : …

T. : Mais on va peut être revenir sur l’histoire pour les lecteurs de ce blog : Quand le corps décomposé de Melissa Young est retrouvé dans le grenier de son immeuble après plusieurs années, l'inspecteur Len Harper va mener l'enquête pour découvrir ce qui lui est arrivé et pourquoi personne n'a signalé la disparition de cette jeune femme discrète et timide… 

Voilà. Donc, a priori, rien de bien nouveau sous le soleil. Honnêtement, je me suis lancée dans le visionnage de la série parce que je n’avais pas grand-chose à me mettre sous les yeux, et alors que les séries policières et moi, bof… Merci au casting de m’avoir attiré (Indira Varma, Claudie Blakley, David Bamber, Stephen Mackintosh…). Ensuite, c’est une série britannique. Et en ce moment, les séries britanniques, elles sont top. Donc, j’avais quand même un a priori positif.
Alors on a une intrigue bien menée, qui s’installe discrètement, un peu comme Melissa. Des personnages qui se révèlent certains un peu tordus au fil des épisodes, un inspecteur têtu auquel on s’identifie et une jeune victime à laquelle on s’attache (oui, on la découvre en flashbacks). Il ne m’en fallait pas plus. Sans parler qu’on a tout de même envie de savoir ce qui a bien pu arriver à Melissa…

J. : C’est vrai que le suspense est très bien dosé !

 
T.
: J’en viens à évoquer aussi une autre série que je suis actuellement et qui est dans la même veine : Broadchurch, qui est aussi une série anglaise, d’ITV cette fois, portée par David Tennant (Doctor Who). On retrouve aussi quelques têtes connues au casting : Andrew Buchan, Jodie Whittaker, David Bradley, Arthur Darvill…
David Tennant-Broadchurch
L’histoire : Une petite communauté se retrouve sous les projecteurs des médias après la mort d'un petit garçon. Deux enquêteurs sont chargés de résoudre cette affaire délicate, tout en essayant de garder la presse à distance et de préserver le tourisme. Face à un tel drame, les habitants commencent à s'épier les uns les autres, faisant remonter à la surface bien des secrets...

J. : C’est vrai que ça ressemble un peu à What remains. On est un peu dans la même sorte d’ambiance : un crime, une petite communauté…

T. : What Remains est vraiment très bien. Mais je trouve Broadchurch encore meilleure.

J. : Ah bon ?
 
Jodie Whittaker-Broadchurch
T. : C’est vraiment une excellente série policière. 
On se retrouve totalement immergé dans le quotidien de cette petite ville, du jour au lendemain bouleversée par la découverte de ce crime. Il y a des moments magnifiques, des plans superbes, des regards d’enfants, des interrogations... Rien n’est blanc ou noir, comme la profonde empathie de l'un des deux détectives éprouve avec les témoins/suspects, puisqu’elle est elle-même originaire de la ville et très amie avec la plupart des personnes qu’elle doit interroger… Les personnages sont complexes et désenchantés (l’inspecteur Hardy, les parents de la jeune victime…), l’enquête est passionnante et peu à peu, le doute s’installe…Vraiment à ne pas rater...

J. : Tu me donnes envie !

T. : Et bien au boulot ! Puisque tu as fini What Remains !


What Remains, série britannique, diffusée sur BBC One, 2013, 4 épisodes
Broadchurch, série britannique, diffusée sur ITV, 2013, 8 épisodes

jeudi 18 juillet 2013

Django...



Sol
Bon, je tenais à revenir sur le dernier Tarantino. Critiques dithyrambiques. Public enthousiaste. J’ai résisté pendant quelque temps à l’overdose de com’ autour du film puis je l’ai visionné, histoire de savoir de quoi on parle. Je ne suis pas un fanatique inconditionnel du cinéma de Quentin, mais j’aime beaucoup plusieurs de ses films : Reservoir Dogs, Pulp fiction, Jackie Brown et Inglorious Bastards. 

Dans ce dernier cependant, je percevais déjà quelques longueurs et autres facilités un peu ennuyeuses. Django fût la cruelle confirmation de ces craintes. 

La première heure du film frôle le sans faute : sur le plan de l’action, de la mise en place du récit et de la présentation des personnages, tout  est parfait. La mise en scène est virtuose, le jeu des acteurs plutôt savoureux (Christian Waltz, Di Caprio surtout) et les paysages magnifiques. C’est après que ça se gâte…

Tartine 
J’ai vu le film il y a quelques mois, alors c’est moins frais que pour Sol, mais j’ai passé un moment absolument G-E-N-I-A-L avec Django ! 

Honnêtement, après Reservoir Dogs, son premier film, que j’avais adoré, je m’étais perdue dans l’intervalle Pulp Fiction-Kill Bill (je suis peut être la seule à le penser, mais j’ai détesté les deux). Au mieux, il y avait eu Jackie Brown, qui était un Tarantino correct… 

Et puis est arrivé le délirant Inglorious Basterds. Et voilà qu’il récidive avec ce western absolument incroyable et un Christoph Waltz à tomber à la renverse !


Motmau
Tout d’abord : j’adore les westerns mais  je déteste les films violents ! Ce n’était donc  pas gagné pour aller voir Django. Mais les critiques dithyrambiques de la presse et des amis cinéphiles m’ont convaincue de tenter l’aventure. 

Et là, j’ai été totalement emballée par le rythme dynamique de la première à la dernière image, ravie par une bande son formidable, subjuguée par le jeu carrément génial des acteurs (les rôles principaux sont tenus avec une grande maestria mais les plus modestes sont également excellents, certains ont de vraies « trognes » de méchants, de despérados ou de benêts), scotchée par la beauté des paysages grandioses, bluffée par un  humour souvent osé - la scène avec le Klu Klux Klan tellement déjantée est  un modèle du genre- … enfin vous l’avez deviné, Django est un  film qui m’a enthousiasmée !

Juste un conseil à vous âmes sensibles qui partagez mon émotivité : sur la scène de la bagarre à mort de 2 esclaves organisée par l’immonde et cruel Calvin J. Candie (joué magnifiquement par Léonardo Di Caprio)  et sur celle de la dévoration d’un esclave (un autre, les précédents de la rixe, vu l’état,  je ne vous en parle même plus !) par des chiens, bouchez vous  les yeux – voire les oreilles - parce que c’est vraiment très, mais alors très violent !
Quant au  final, il est  incroyable, paroxysmique, un vrai feu d’artifice… ce Django est décidément totalement déchainé !




Sol 

Je me sens un peu seul. Et que dire des critiques de la presse : unanimes ! Même les cahiers du cinéma encensent le film. J’ai dû me tromper de séance. Non, j’avoue avoir regardé ce film sur petit écran, peut-être cela influence-t-il mon jugement. Comme je l’ai dit, je me suis régalé pendant une heure, ennuyé pendant l’heure et demie restante.

Tout m’a semblé très prévisible, j’ai l’impression que le réalisateur nous sert le même film à chaque fois. Seuls les décors changent. Alors certes, la performance est là : un divertissement assez jouissif (un esclave qui tue des esclavagistes, ça me convient parfaitement) mais ensuite ? Que l’on s’amuse avec ce film, pourquoi pas (même si cela n’a pas été mon cas), mais qu’on crie au génie, je ne suis plus d’accord.

Et je ne parle pas ici de mes deux très chères collègues, mais de la presse bien sûr. Sans rentrer dans le débat initié par Spike Lee, je pense que Tarantino est un mec très malin, dont on a un peu surestimé les talents de cinéaste. Là où dans ses précédents films il parvenait à regrouper, et parfois transcender toutes ses influences, Tarantino ne signe ici qu’un sympathique film de genre, rien de plus.


Tartine

J'ai aussi vu le film sur petit écran, et en français en plus, mais cela n'a en rien modéré mon enthousiasme !

Alors oui, il n’y a rien qui ressemble davantage à un film de Tarantino qu’un autre film de Tarantino. Mais bon, on peut dire la même chose de Woody Allen, Lars Von Trier ou Jean-Marie Poiré. Je trouve mes exemples particulièrement pertinents.

Quentin Tarantino est un cinéphage qui a ingurgité des kms de bobines. Et un petit malin, certes ! Mais reconnais qu’il a un vrai génie de l’écriture, des personnages et de la mise en scène. Non ? Il s’approprie les univers et les développe à sa sauce. Franchement, Inglorious Basterds et Django Unchained font partie des meilleurs moments que j’ai passé devant un écran depuis plusieurs années !


jeudi 25 avril 2013

Dans la vie, il y a trois catégories de films

Sol : Aujourd’hui on peut regarder Bergman et Bruce Willis, Homer Simpson et Haneke, Top chef et Tarkovski.

Et on aurait tort de s’en priver. Loin de moi l’idée de tout mettre sur le même plan, loin de moi. Mais, et cela ne concerne que moi, je serais bien incapable de visionner l’intégrale de Lars Von Trier chaque soir, et cela même si j’aime beaucoup ses films.

Oncle Erneste : Excuse-moi fiston, mais je suis déjà paumé. On parle encore des vikings?

Sol : Non, pas du tout.
Je continue :
Je disais donc que je ne pourrais visionner chaque soir la version longue d'une oeuvre de Kurusawa. Parfois, n’en déplaise à Blaise, je me divertis. Et pour se divertir il existe trois types de films :

Oncle Erneste : Les bons, les bouzes et les triple bouzes.


C'est presque ça. Il existe en fait trois types de divertissements :

-          Les bons : ceux qui font rire, qui font peur, et peut-être même plus…
-          Les brutes : ceux qui font rire, qui font peur
-          Les truands : ceux qui ne font ni rire, ni peur

Je vais parler de deux bons, d’une brute et d’un truand. Je vais parler de 4 blockbusters. Blockbuster = films américains à gros budget qu’il est de bon ton de dénigrer dans certains cercles intellectuels et qu'il est de bon ton d'encenser dans d'autres, sans les avoir vus bien sûr. Je vais vous parler de 4 films de science-fiction, au sens large.

Oncle Erneste : C’est ça, encore les ricains. Depuis qu’ils ont débarqué, j’ai l’impression qu’ils sont jamais vraiment partis…

Sol : S’il te plaît tonton, je veux simplement parler de cinéma. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment : tu ne devais pas rejoindre tonton Mario au terrain de pétanque d’ailleurs?

Oncle Erneste : Non, il me gonfle…

Sol : Tu abuses tonton, il est très gentil Mario. Bref, passons aux présentations:

Le truand, ça se voit non?

Inception : quoi ? C’est vrai, je n’ai pas eu peur et je n’ai pas ri. Christophe Nolan est un maître dans l’art du récit et de la mise en scène, spectaculaire. Il suffirait qu’il se prenne un peu moins au sérieux pour passer dans la première catégorie, celle des très bons. Mis à part cela, j’ai passé un très bon moment en regardant ce film, sorti en plein été 2010. Assez complexe dans l’agencement de ses récits, on prend tout de même un réel plaisir à se perdre dans ce grand spectacle à dédales, au casting impeccable, au rythme effréné et aux trouvailles visuelles assez impressionnantes.



La brute





The Green Hornet : un bonbon sucré pétillant, voilà, n’en attendez pas plus, ni moins. Gondry nous régale avec un film de super-héros presque parodique, avec une mise en scène efficace. Et, chose non négligeable : c’est drôle.






Le bon

« Les fils de l’homme » n’est pas tout récent (2006) mais il vieillit bien, ce qui est rare pour un film de SF. Dans un futur pas très cool, les femmes ne peuvent plus enfanter, et on ne sait pas trop pourquoi (virus, épidémie ?). L’acteur principal, Clive Owen, est parfait dans un monde apocalyptique très réaliste et oppressant. Les scènes d’action et d’explosion sont particulièrement réussies. Le réalisateur parvient à retranscrire une fable noire sur l’humanité, désespérée et magnifique à la fois. Une ode à la vie dans un monde déjà mort, en somme. Certains plans, à l’image de cette barque dans la brume, sont d’une grande beauté.

A voir, ne serait-ce que pour la course-poursuite la plus lente et la plus haletante que j’ai jamais vue !

Le deuxième bon

Looper : encore un blockbuster sf avec Bruce Willis : mouais. Le dernier ne m’avait absolument pas convaincu. Mais dès la séquence d’ouverture, vraiment marquante, on comprend qu'on aura pas affaire à ce genre de film.


L’histoire, comme tout bon film de sf qui se respecte, est un peu compliquée : des mafieux méchants envoient des types gênants dans le passé pour qu’ils se fassent dézinguer par des tueurs à gage… du passé…  capice ? Ils procèdent ainsi pour...

Oncle Erneste : Tssss, dis en pas plus, ça a l’air bien ton truc.

Sol : C’est vrai, ça te plait tonton ?!

Oncle Erneste : Sont vachement ingénieux les types là, comme ça pas de trace, pas de preuve. Faut que j’en parle à Luigi.

Sol : Euh tonton, tu as bien compris qu’on parlait de science-fiction ?

Oncle Erneste : Ouais, ouais. Allô, Luigi ? Ouais, c’est la Murène, faut que j’te parle d’un truc en vitesse. Rejoins-moi au terrain de boules, ok ?


Sol : Bon.
Je continue. Ce scénario pas piqué des hannetons permet de mettre en place des scènes assez ubuesques, qui créent un léger trouble chez le spectateur, mais je vous laisse juge. Il s’agit d’un bon, car derrière ce film de genre se cache une réflexion sur le temps qui passe, sur la fatalité, le destin, la responsabilité, le…

Oncle Erneste: Rhoo la la, ça y est, j’ai plus envie de le mater ton truc. On dirait  Les Inrocks, cette bande de barbus de 3 jours qui intellectualisent la moindre bouze américaine

Sol : Quoi ! Tu lis les Inrocks ?! Tonton ?!

Oncle Erneste : Ahah. Non mais c’est Toni, le fils de Luigi qui m’avait dit ça l’autre fois, je me suis dit que ça ferait son petit effet si j’arrivais à le refourguer dans la conversation. Et c’est pas faux.

Sol : Je. Je suis étonné.
Je vais donc conclure ma critique en vous invitant à regarder ce film et à me dire si, oui ou non, nous en faisons trop en disant que ce n’est pas qu’un thriller de science-fiction. Ciao les amis !

Oncle Erneste : T’emballe pas fiston, je préfère quand tu restes tranquille, discret, intello. Les envolées lyriques, ça te réussit pas, t’as les cheveux qui se mettent en bataille et l’œil qui pétille, ça fait bizarre.

Sol : Hum, tu as raison tonton. Au revoir, chers internautes.